L'église Saint Agnan sur Erre

Sommaire : Origine ; Entretien du Patrimoine ; les Vitraux anciens

le Chœur ; la Chaire ; les Saints guerisseurs ; l'église-cimetière ; le Trésor

le couronnement de Charlemagne ; la Cloche

églises voisines : Saint Hilaire sur Erre ; Saint Jouin de Dancé ; Saint Martin de Berd'huis ; Saint Pierre la Bruyère

texte du cadran solaire

l'estat de ton salut

te doibt plus estre aimé

que l'ombre qui te fait

l'heure en ceste figure

car cet ombre courant

ne te semblant courir

c'est toy qui vas mourant

ne te semblant mourir

le texte du cadran solaire est très proche de celui du gnomon de Préaux du Perche
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Origine de l'église de Saint-Agnan

A l’origine, une église romane, comme l’indiquent la grande porte, certaines fenêtres, les contreforts massifs et, dit-on, une petite piscine maintenant disparue.
Ambroise de Loré, qui reprit Nogent et la Ferté-Bernard en 1424, rebâtit, en le transformant, le château d’Amilly et l’église de Saint-Agnan.
Une date sur la porte ouest : 1622.
En 1793, l’église fut transformée en club des Jacobins : la chapelle nord faisant office de buvette : on y buvait dans les "crânes des Seigneurs".
Vers 1840, en effet, des crânes sciés ont été retrouvés dans la crypte refermée après la Révolution.
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Entretien du patrimoine

La grande restauration totale date de 1880. On la doit au dynamisme de l’abbé Massart et de son successeur l’abbé Leudière.
Il en coûtait 5000 F. à la commune, 500 F. au comte d’Amilly, 2500F . au conseil de fabrique, avec un «secours d’Etat» de 4000F.
Le clocher, ainsi que le beffroi qui repose sur le sol de la nef par de gros piliers de bois, ont été refaits à neuf en 1980.
Les vitraux anciens furent restaurés au XIXe siècle par le comte Langlois d’Amilly et, en 1986, par la commune et le département.
La réfection totale des toitures (poste terrible pour le budget) a été entreprise en 1991. On a conservé et restauré le cadran solaire dans l’arête d’un contrefort.
La commune de Saint-Agnan veille à l’entretien du patrimoine !
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Les vitraux anciens

Avec les fragments des vitraux du XVIe épargnés dans le vandalisme de 1793 et replacés dans une composition inspirée d’ancien, on a reconstitué les fenêtres d’avant la Révolution.
Côté Nord : un gentilhomme à genoux, en costume Henri III (probablement Ambroise de Loré) est présenté par St Jean-Baptiste à Notre-Dame de Pitié. Détail naïf : la tête aux trois visages évoquant La Sainte Trinité.
Côté Sud : une dame de Loré en costume (style veuve Louis XIII), est présentée au Christ en croix par St Jean l’Evangéliste... sur fond de château fort (peut-être Amilly).
 Un retable en bois naturel du XVIe siècle avec baldaquin. Il est composé d'un panneau en fin décor flamboyant.
Au-dessous, en trois registres sous dais sculptés, trois scènes fort expressives de la Passion (terre cuite).
Le tabernacle Louis XV, en bois peint est surmonté d'une Vierge de Pitié, en bois naturel du XVIe. Belle statue de style redondant à la mode bourguignonne.
Le baptistère est surmonté d'une jolie statuette en bois de St Jean -Baptiste.
A côté, un St Aignan (on dit aussi Saint Agnan) rustique sous petit dais en bois peint du XVIIe.
Un vitrail 1900, Notre-Dame de Lourdes et une statue 1910, Notre-Dame des Victoires.
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 Le Chœur

 La modeste abside de quatre mètres de profondeur, construite en 1880, est largement éclairée par trois fenêtres néo-gothiques : Vitraux Hucher, Maison du Carmel, Le Mans 1879.
 - A notre gauche : l’apparition du Sacré-Coeur à Ste Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial en 1673.
- Au milieu : St Agnan accueillant les enfants.
- A notre droite : la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, le 8 décembre 1854.
- En face de nous : un autel simple, en bois naturel avec bas-relief en bois peint.
L’ouverture du choeur est encadrée de part et d’autre par St Joseph et, Ste Anne, mère de la Vierge Marie, qui se trouve là comme dans la plupart des églises du Perche.
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La chaire à prêcher

... En bois sculpté et abat-voix de même (1890) est flanquée de statues taillées dans la masse des panneaux : les quatre Evangélistes et leurs attributs :
- Luc, un taureau ;
- Jean, un aigle ;
Matthieu, un enfant ;

Les Saints guérisseurs

L'église de Saint-Agnan serait-elle vouée aux saints guérisseurs ?
St Agnan, évêque d’Orléans au Ve siècle qui s’opposa à l’invasion des Huns. On le prie pour les enfants atteints d’eczéma tenace, la riffle.
St Gilles, un ermite de la région du Gard, très populaire en France à partir du VIIe siècle. Il avait apprivoisé une biche. Un chasseur découvrit un jour l’ermitage en poursuivant l’animal pour le tuer. On invoque St Gilles contre la peur et les convulsions des enfants, en cas d’orage et d’incendie.
St Blaise, médecin, évèque et martyr au IVe siècle. Un jour, il sauva un enfant qui s’étranglait avec une arête de poisson : il est invoqué pour les maux de gorge, angines, toux, coqueluche, mal de dents...
St Jean-Baptiste conçu dans la vieillesse de ses parents... Il est prié en espérance de maternité.  L’agneau, son attribut, le fait invoquer aussi pour la protection des troupeaux.
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 L'église cimetière 

 Une dalle murale rappelle le souvenir du curé Jacques Tirefort, décédé le 8 mai 1647. Les prêtres étaient alors ensevelis à même la terre, sous le dallage de la partie haute de l’église, côté sud.
La dernière inhumation daterait de 1808.
 La crypte funéraire, côté nord :6,60m x 2,60m et 2,40 sous la voûte, a été profanée en 1793. Elle était alors close par un escalier rempli de pierres sèches et de terre, sous le banc seigneurial ( les stalles d’aujourd’hui). On y accède maintenant par un escalier aménagé en 1889, à l’époque, sans doute où les derniers ossements furent transférés dans la chapelle funéraire de la maison d’Amilly au cimetière.
De nos jours, la crypte est vide, inutilisée.

 Le trésor de l’église

A St Agnan, pas de trésor au sens commun du mot.
On y conserve pourtant :
-Deux livres de l’Histoire de la guerre des Juifs, de Flavius Joseph-livres reliure cuir édités en 1667-1668 ;
- Un antiphonaire massif 47 x 34, en reliure cuir et cuivre daté de 1737 ;
- Un graduel sagien, 47 x 34, en reliure cuir et cuivre daté de 1862.
Le vrai trésor : la somme de dix siècles de peine, de travail, de générosité, de Foi et d’Espérance dont cette église est le signe, pour les habitants de ce village, de génération en génération.
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 Le couronnement de Charlemagne

 Dans l’immense tableau qui domine le vaisseau sur le mur ouest "Le couronnement de Charlemagne" signé P.Delaroche (1797-1856)...
... comme dans la beauté de la voûte de bois, nous voyons se refléter le signe de l’enthousiasme des paroissiens de la fin du siècle dernier.
N’est ce pas merveilleux ?

Inscription sur la cloche

"L'an de N.S. 1908, j'ai été baptisée pour l'église de Saint-Aignan-sur-Erre par Mgr Bardel, évêque de Sées.
Nommée Germaine-Marie Odon par mon parrain M.Odon  de Montesquiou-Férensec et ma marraine Mme la Comtesse d'Amilly."
Mr F.Fauvel, curé.
Mr le Comte Maurice d'Amilly, maire.
(Amédée Bollée fondeur, Le Mans.)
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